ACN Podcast #011 - HENRII 

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Passionné de diverses formes de musique électronique, Henrii a trouvé sa niche dans les domaines de la techno. Muni d'une palette en évolution stagnante, il possède une aisance à naviguer parmi des tracks lourds et agressifs en finesse. Il détient une collection riche et vaste qui s'approche vers les 700. Elle passe par la deep house, jungle, ambient et à la drum and bass, sans parler d'une sélection violente en techno. Apres s’être réuni à Ascension comme un de nos Dj résident, Henrii nous a montrée une passion vibrante pour son art. Sa première podcast ACN est dynamique, ce n'est qu'un avant gout de ces capacités. Henrii joue depuis 8 ans, sa collection ainsi que ses sélections ont évolués.

Qu’est-ce qu’a initié ton intérêt à la musique électronique ?

 Du fait d'avoir été initié relativement jeune aux instruments et d'avoir traversé l'adolescence une guitare à la main à essayer de repiquer tout les morceaux que j'entendais à la radio, en cassette, en clip… C'était comme ma façon d'apprendre !

Les galettes de mes parents ont joué un gros rôle, allant des Stones, Doors, Beatles, aux classiques de Schubert ou Bach, et au jazz de Coltrane ou Davis, en passant par Marley ou Moriconne ainsi que des disques comme Sweet Smoke Just A Poke et en fouillant un peu sa collec je dénichais des Caravanserai (Santana) et Black Market (Weather Report), ou encore Radioactivity ! Et enfin Pink Floyd The Dark Side of The Moon, sans doute l'un des éléments déclencheurs de mon attirance vers la musique plus sombre, plus mentale; Cette façon de mêler cette musique planante Rock à des séquences de synthés modulaires est extraordinaire, l'extase sonore où le temps s'arrête ! 

J'ai 16 ans en 1997 : sortie de Homework ! Un ras de marée, l'apologie d'une house french touch, sauce Parisienne. Paris à l'époque i l y avait Garnier, Alan Braxe, DJ Cam, Shazz, Oizo, Gopher, De Crécy, Cassius, Saint Germain, etc.

A cette époque on entendait pas mal de techno et trance sur nos ondes FM la nuit. On avait le TRAXX à Rouen une boite géniale, sorte de temple de la techno normand qui faisait venir des tas d'artistes nationaux comme Manu le Malin, Jack de Marseille ou Garnier avec des soirées de dingue comme les Open House, White Bitch, Black Out Party et soirées Mousse… C'était le top pour un provincial comme moi d'emmener sa nana tout les week-end, on s'y est vraiment éclaté pendant des années, c'est ce qui m'a fait apprécié la House musique et initié à la techno.

Un peu plus tard je prendrais mes premières baffes techno au Rex club principalement et dans quelques festivals, devant Derrick Carter, Technasia, Oxia, Mills, Plastikman puis Ben Klock, Shed, Efdemin, Cobblestone Jazz, Robert Babicz, From Karaoke to Stardom qui me feront définitivement passer du côté obscur de la Force !

Avec une grande collection de 700 vinyles, est-ce que tu considères comme un « digger » sélectif ? Tu peux nous expliquer ta façon de « digger » ?

La sélection c'est ce qui fait ton identité artistique, En soirée, le principal est d'essayer de ne faire fuir personne ! On doit suivre une certaine direction, le plus important quand tu mixes c'est de respecter ça et t'adapter au public. DJ c'est aussi faire des concessions on aimerait bien jouer certains tracks mais on ne peut pas forcément … Si tu mixes de tout les styles ça te permet également de renforcer ta culture musicale et d'amener d'autres images au public.

La techno ce n’est pas seulement des « boum boum » et des sons qui se répètent tout le temps comme beaucoup le pense. C’est aussi et surtout un moyen d'exprimer un tas de chose et de véhiculer certains messages. J'aime mélanger les sonorités, tempéraments, couleurs, je trouve que le mixe en devient mille fois plus intéressant. C'est ça aussi un DJ, un mec qui bluffe son public avec un pure track improbable lorsque tout le dancefloor est à point et chauffé à blanc ! Malgré une sélection impitoyable tu as assez de galettes pour t'adapter et pas toujours jouer les mêmes tracks, ça te permet de faire kiffer un peu tout le monde et non pas presque personne.

Sinon je passes beaucoup de temps dans les shops également j'aime bien suivre l'actualité (surtout la scène française très active en ce moment), tout en cherchant de vieilles perles sur le web et ailleurs.

La techno inspire t-elle une philosophie de vie ou une autre manière de voir la vie ? Ce dévouement envers la musique a-t-elle changé ton quotidien?

Je sais pas la musique j'ai toujours vécu avec mais le mix m'amener une certaine rigueur dans la vie. La techno n'a pas toujours profité d'une très bonne image en France. Pour beaucoup, c'est une musique de drogués et d'inconscients, mais je préfère croire que c'est juste une musique de passionnés et d'insouciants tout comme le rock ou le metal dans lequel j'ai évolué auparavant.

La passion c'est le moteur principal des artistes, DJ, producteurs le nombre d'heures passées à bosser n'a pas d'importance, on pense plutôt au temps qui va nous manquer. Dans la techno, l'argent on en gagne pas ou un peu sauf une petite poignée d'élites mais c'est vraiment pas le but je crois. Ma fierté serait plus d'acquérir une certaine reconnaissance de mes confrères, que de toucher le pactole pour chaque représentation. On est dévoué à la musique certes mais elle nous le renvoie bien. Pour moi c'est aussi un refuge, un moyen de ne pas péter les plombs, d'évasion…

Avec notre résident, Anomalie, tu as trouvé une symbiose créative. Tu peux nous expliquer cette complicité ?

Déjà on a une grosse passion commune pour le mix, les artistes de Détroit, Chicago, entre guetto, acid, trance les tracks techno early 90's et tout ceux qui s'en sont imprégnés, les Germains, Pays de l'Est, Nordiques, tout le son UK bien sûr et pas mal d'autres trucs ! Ajouté à ça une bonne amitié, une bonne complicité aux platines, un feeling, en b2b on se marre bien on est complémentaire. Aussi on se fait tourner les infos sur les tracks qui sortent, beaucoup de re-edits ou tout ce qu'on peut se faire découvrir. Connected ! On doit faire un peu de production ensemble par la suite, hein Adam ?

Quels artistes ou tracks incarnent ta définition de la techno ?

Franchement ?! Beaucoup ! Mais parmi les plus renommés ceux là me plaisent bien :

Kevin Saunderson / Derrick May / Blake Baxter / DBX / Robert Hood / Jeff Mills / Regis / Surgeon / Pascal F.E.O.S. / Scan X / Drexiya / Heiko Laux / Technasia / Svreca / Kenny Larkin / Ben Klock / Stanislav Tolkachev / Samuel L. Session / Adam Beyer / Shed / Mike Parker / Rober Babicz / Miss DJAX / Derrick Carter / Leo Anibaldi / Mike Dehnert / Oxia / Function / Sigha / Steve Stoll /Joey Beltram / Staffan Linzatti / Ben Gibson / Planetary Assault Systems / Exaltics / J.C / Onur Özer / Answer Code Request / Stephen Brown / Dax J / James Ruskin / Shifted / Alexander Kowallski / Locutus / Silent Servant / Marcel Dettmann / Jeroen Search / Alva Noto …

Pour ce qui est des actuels français je dirais principalement Zadig, Antigone, Birth of Frequency, Low Jack, Polar Inertia, et plein d'autres Pour les tracks y'en a trop que j'adore c'est pas facile, et puis vous le verrez si vous venez écouter !

Peux-tu nommer un track qui ne sort jamais de ton bag ?

Euuuuh… Acid track ? Altered States ? Non je crois pas vraiment en avoir si non ça serait "Man with the Red Face" pas très original ! Mais ce track est tellement énorme et passe partout et tellement fédérateur. Pour moi comme pour beaucoup, il est vraiment agréable dans un mix house ou techno quand il arrive au bon moment, il rassure et fait du bien à tout le monde. Le temps s'arrête avec ce genre de track. C'est vraiment ça que j'aime dans cet art, j'aime cette notion de temps qui cesse de s'écouler, de terre qui s'arrête de tourner, de folie passagère que provoque la musique et que l'on ressent souvent dans la Techno.

Un peu comme quand tu croises une bande de percussionnistes nord africains aux djembés endiablés au fond d'un couloir de RER… Tu marches, t'entends la musique au loin, alors tu t'approches et tu finis comme tout le monde autour de toi, transporté, submergé par une musique totalement atemporelle et merveilleuse.

Les producteurs Techno sont des génies de la musique moderne à mes yeux, ils apportent à la musique ce qu'un grand couturier aurait apporter à la mode, eh oui ! En plus ils sont instigateurs de sonorités futures, bref on s'inspire d'eux dans la musique, leurs idées, sons, procédés, inspirations, avant gardisme etc …

 Henrii jouera au 4 Éléments, le 06 mars 2014 aux côtés de Anomalie, Yann Mirage et Dans Lanuit pour le 4ème édition de Ascension x Phat Beatz > > > > Facebook Event > > > >  RA  > > 

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Passionate of many forms of electronic music, Henrii has found his niche deep within the realms of techno. His ever-changing palate captivates his ability to weave amidst heavy hitting and vicious tracks while balancing an uplifting sensation. With a vast collection of approximately 700 vinyl his collection ranges from deep house to jungle, ambient to drum and bass, and not to overlook the substantial selection of more or less hard Techno.

After joining forces with Ascension as a resident DJ, Henrii has exhibited nothing but a vibrant passion for his artistry. With a mix as energetic as his first edition to the ACN Podcast series, it is only a little taste of what he can throw down on the decks. After collecting vinyl for about eight years, he as well as his collection have both developed greatly. In combination with his dexterous skill he embodies the power of dynamism to turn even classic tracks into a whole new experience.

What initiated your commitment to electronic music?

Having been exposed to instruments from a relatively young age as I always relied on my guitar throughout my adolescence. I was able to try and copy the tracks I heard on the radio, on cassette or in music videos, it was my way of learning!

My parents’ taste played a huge role as well, everything from the Stones, the Doors, and the Beatles. Also classical with Schubert and Bach, jazz with Coltrane and Davis, then to Marley or Moriconne, as well as records such as Sweet Smoke Just a Poke. Going through that collection brought me to Caravanserai (Santana) and Black Market (Weather Report) as well as Radioactivity! Pink Floyd’s The Dark Side of the Moon was without a doubt one of the catalysts that directed my attention towards music that was more somber and clairvoyant. Their way of combining airy Rock music with modular synths is amazing, it’s sonic ecstasy, and then time stops!

I was 16 years old in 1997, when Homework came out! A tidal wave came over Paris, the sound of house tainted with the French touch, a kind of Parisian sauce. At the time, Garnier, Alan Braxe, DJ Cam, Shazz, Oizo, Gopher, De Crécy, Cassius, Saint Germain, etc, represented Paris.

There was also quite a bit of techno and trance on the FM radio at night. There was also TRAXX in Rouen, a great nightclub, a sort of temple for Normandy’s techno scene. They would book national artists such as Manu le Malin, Jack from Marseille and Garnier for crazy party nights such as Open House, White Bitch, Black Out Party and the Mousse Nights. It was the perfect place for a provincial guy like me to bring his girlfriend every weekend; we really enjoyed ourselves over the years. All of these experiences taught me to appreciate house music and initiated me into techno.

I got my first slap in the face from techno at Rex Club and at several festivals later on featuring the likes of Derrick Carter, Technasia, Oxia, Mills, Plastikman and then Ben Klock, Shed, Efdemin, Cobblestone Jazz, Robert Babicz and From Karaoke to Stardom. All these acts definitely pushed me further and deeper into the obscure side of the force!

About 8 years ago, I started learning on a set of decks that belonged to a friend of mine by using old spiral records, which is definitely not the easiest way to start out. It was during that period that it all clicked for me and I realized I needed my own set of decks. I wanted to be like the guys in the DJ booths atop the dance floor, playing records and making everyone move! It was also a way to stay involved in music and let go of that damned guitar that had been following me everywhere! The pleasures one can attain from watching people enjoy themselves on a dance floor from the records your playing is like that of a musician onstage. When you get a taste of that, you can never again let go of nightlife…

With a collection of 700 vinyls, do you consider yourself a selective digger? What is your digging style?

Your vinyl selection is what gives you an identity as an artist. At a party, the principle objective is to not make anyone leave! One has to follow a certain direction, it is important to respect this whilst adapting to the public while you are mixing. Being a DJ means also making concessions. It would be great to play out certain tracks but we can’t always do that. If you mix all kinds of styles, it allows you to strengthen your musical palette and bring something new and fresh to your audience.

Techno is not only about “boom boom” and repetitive loops as many might believe it to be. It is above all a medium to express a variety of things and a tool that derives a certain message. I like to combine sounds, temperaments and colors. I feel that a mix becomes a thousand times more interesting that way. That is a DJ as well, someone who tricks his audience with an unexpected track whilst the dancefloor is on fire! Despite a ruthless selection, always having unimaginable surprise tracks keep you from always playing out the same kind of music and always keep everyone on the dancefloor moving.

I also spend a lot of time at vinyl shops because I like to keep up with new material, especially within the French scene, which is really active at the moment while always digging for old gems online or elsewhere.

With such a vast collection of vinyls, how do you go about your selection for mixes or DJ sets?

I don’t know because music has been ever-present, but mixing has definitely brought a certain level of rigor to my life. Techno has not always had a positive image in France; for many it’s a genre that solely appeals to druggies but I rather believe that it is music for the overly passionate and heedless much like rock or metal – the genres from which I evolved.

Passion is the motor for artists, DJs, and producers. The number of hours one puts in is not important; we prefer to dwell on the time missed. In Techno, you don’t make any money, it is saved for a small elite, but that really is not the main objective. My pride lies more in acquiring a certain level of recognition from my colleagues, rather than hitting the jackpot at each gig. We are most certainly dedicated to the music but there are no worries, we get great returns. For me it’s also a refuge, a way of not going crazy, it’s an escape.

You and our other fellow resident, Anomalie, have a creative symbiosis, could you explain the musical connection that you share?

We both share a common passion for mixing artists that range from Detroit, Chicago, ghetto, acid, trance, early 90’s techno as well techno from the East, Scandinavia, the UK sound of course and a lot of other stuff! Combine that with a genuine friendship and we get chemistry on the decks. It’s a feeling and we have lots of fun during a back to back, we really do complement each other. We also share a lot of information about tracks, represses and re-edits, always helping one another to discover new things. Connected! We should try to produce together in the future, huh Adam?

What artists or tracks that embody your definition of "techno?"

Honestly ?! Lots ! Amongst the most well known here are a few that particularly please me:

Kevin Saunderson / Derrick May / Blake Baxter / DBX / Robert Hood / Jeff Mills / Regis / Surgeon / Pascal F.E.O.S. / Scan X / Drexiya / Heiko Laux / Technasia / Svreca / Kenny Larkin / Ben Klock / Stanislav Tolkachev / Samuel L. Session / Adam Beyer / Shed / Mike Parker / Rober Babicz / Miss DJAX / Derrick Carter / Leo Anibaldi / Mike Dehnert / Oxia / Function / Sigha / Steve Stoll /Joey Beltram / Staffan Linzatti / Ben Gibson / Planetary Assault Systems / Exaltics / J.C / Onur Özer /Answer Code Request / Stephen Brown / Dax J / James Ruskin / Shifted / Alexander Kowallski / Locutus / Silent Servant / Marcel Dettmann / Jeroen Search / Alva Noto …

In terms of the French scene I would say Zadig, Antigone, Birth of frequency, Low Jack, Polar Inertia and many others. In terms of tracks there are too many but you are sure to find out if you come listen to my mix.

Can you name one vinyl that never leaves your bag?

Euuuuh… Acid Track? Altered States? I don’t think I really have one, if so it would be “Man with the Red Face” [Laurent Garnier]. It’s not too original but the track is so good and you can play it anywhere and it’s so unifying for me, like it is for many others. It fits in pleasantly within a house or techno set when the time is right. It’s a reassuring track that does well with everyone.

Time stops with this kind of track, that’s what I really love about this art. I love the notion of time stopping, the earth ceasing to rotate, and the temporary insanity that the music provokes and is oftentimes found within techno. It is kind of like when you hear a band of North African percussionists at the end of an RER corridor… You walk, you hear the music from far away and when you approach it you are transported like everyone else around you. You are overtaken by timeless, wonderful music. 2

In my eyes, techno producers are the geniuses of modern music. They bring to music that which a talented designer brings to fashion, yes! Moreover, they are instigators of future sounds; we are inspired by their ideas, procedures and inspirations... 

Catch Henrii next at 4 Éléments, 06 mars 2014 along side Anomalie, Yann Mirage and Dans Lanuit for the 4th edition of Ascension x Phat Beatz > > > > Facebook Event  > > > >  RA  > > 

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