ACN Podcast #013 - Deadback 

Est-ce que tu viens de Paris ?

Non, pas du tout, j’ai beaucoup voyagé en France quand j’étais petit, mais en gros, je viens de Narbonne, dans le sud,  où il y a du soleil !

Et tu habites à Paris depuis combien de temps ?

Ca fait depuis 3 ans, en septembre ça fera 3 ans.

Comment tu vois-tu l'évolution de la techno à Paris ?

Quand je suis arrivé j’ai eu l’impression que la techno avait déjà commencé à évoluer un peu. Après je ne suis pas sur si peut-être que c’est parce que ça m’intéresse, mais il y a beaucoup de collectifs et des soirées tout le temps partout ! C’est assez cool.

Avant de venir ici j’ai passé 8 mois à Berlin, et avant ce séjour je ne m'intéressais pas à la techno. J’ai découvert ça là bas quoi, c’est normal. Après quand je suis revenu j’ai commencé à voir qu’il se passe vraiment beaucoup de choses ici aussi. Ca fait plaisir aussi parce que j’avais vraiment l’image d'une France où rien ne se passe. Quand tu reviens de Berlin où il y a des soirées tout le temps, partout, des dizaines de clubs, c’est cool de voir qu’à Paris aussi on peut sortir ici aussi.

Du coup, tu préfère rester près de chez eux ?

Ouais, je suis parti, mais pendant longtemps je faisais partie d’une association qu’on avait montée avec des potes rencontrés pendant mes études. On voulait se lancer dans  l’évènementiel, on a attendait un an pour commencer à Paris. Si tu veux commencer une activité dans ce domaine en France, il faut être dans la capitale. Donc, on est revenu,  parce que c’est ici que se trouvent les opportunités.

Tu fais partie de Tracknart, quelle contribution souhaites- tu apporter au collectif en tant qu’artiste ?

Mon domaine c’est plutôt la production musicale. On a déjà de très bons DJs, comme Abby Syna qui est super. Moi, je ne suis pas du tout DJ à la base. J’ai commencé direct avec la prod et des lives surtout, du coup, je pense vraiment  que mon rôle dans la collectif est la prod, sortir les tracks et faire des live.

Tu fais aussi un peu de DJ'ing à côté  ou que de la prod ?

Je mixe un peu, parce que je pense que c’est bien de passer par là ; c’est toujours un plaisir de passer jouer des disques. Après, quand je mixe c’est pas avec des vinyles, ça arrive à la maison pour le fun, mais pour les dates je mixe avec Tracktor et des contrôleurs afin de mélanger les tracks plus comme dans un live. C’est l’approche live qui m’intéresse.

Pour tes prods tu utilises quel matos ? 

Principalement , Abelton, après j’ai un peu de hardware à la maison, j’ai deux ou trois synthés, quelque trucs [un Korg] que Kevin [16K] a laissé à la maison aussi. J’essaie d'expérimenter parce que ça fait longtemps que je bosse sur Abelton, j’avais pas trop de sous avant pour acheter le matos du coup c’était tout sur ce logiciel. Je pense que c’est plus agréable d’avoir des synthés pour travailler même si c’est imprévisible et moins carré, disons que c’est plus naturel. J’ai commencé à faire du son avec un groupe en fait, avec des machines et des synthés, un peu plus dans l'esprit jam ; tu peux inviter des potes, c’est moins solitaire comme activité.

Tu achètes des vinyles pour toi aussi ?

Oui, même si je mixe sur Tracktor ! Avant jachetais les tracks sur Beatport ou Juno, mais maintenant j’achète des vinyles et je les encode pour qu’elles soient numériques. J’aime les vinyles, c’est toujours cool d’en avoir à la maison. Pour écouter c’est vachement mieux qu’un fichier mp3, c’est plus agréable. Du coup j’encode les vinyles et j’essaie de les afficher. En plus comme ça ils sont sauvegardés. J’ai toujours un backup quelque part en cas de problème avec le vinyle ou le ficher. 

Quand tu commences à faire la prod, ou un track, comment te sens-tu ? Est-ce que t’as une idée de départ ou tu commences à zéro ?

Ca dépend vraiment, parce que maintenant j’ai beaucoup de temps pour créer. Parfois ça peut être un peu comme à l’usine, on se pose, on commence un truc sans vraiment réfléchir et les idées arrivent au fur à mesure. On laisse tourner les boucles et parfois une idée arrive, du coup j’essaie de diversifier la façon de travailler pour ne pas me retrouver dans mes habitudes. Quand tu bosses tout seul, j’ai remarqué que tu tombes très vite dans des automatismes, des réflexes. Ou alors, au bout dun moment, tu fais les trucs sans réfléchir, et c’est là où ça peut devenir chiant. J’essaie toujours de changer ma façon de travailler pour garder un côté un peu fun. J’invite les potes à me rejoindre, on fait des trucs ensemble, etc.

C’est facile de trouver la motivation ?

Ca dépend des jours, il y a toujours le côté aléatoire de l’inspiration. Il y a des jours où je passe 6 à 8 heures dans le studio et puis au final tout va à la poubelle. D’autres jours en 2 heures je trouve un truc cool et je me dit, ça je le garde. Après le truc, c'est que je produis énormément, en une journée studio je fais 1 ou 2 tracks …

Ouais par exemple t’as ramené 16 tracks aujourd’hui !

Ouais ! Et j’en ai gardé une quinzaine en plus pour moi ! Je produis beaucoup mais ce n’est pas forcement une bonne chose. Après ça fait trop de matière et si je produis tous les jours bah dans 2 ou 3 mois je trouve tout nul, c’est toujours compliqué de filtrer. Le problème avec la prod est que tu écoutes tout en boucle pendant des heures et au bout d'un moment tu ne peux plus rien entendre !

Le techno inspire-t-elle une philosophie de vie ou une manière différente de voir les choses ? 

Peut-être pas seulement la techno ; je pense qu'on peut élargir ça à la musique électronique parce qu'elle vient surtout d'une évolution technologique. Déjà on peut faire la musique tout seul, ce qui n’était pas possible avant. Le clubbing, c’est plus une manière d’oublier un peu le monde. Ou alors on écoute un track, ou un album. Il y a sans cesse des choses à découvrir, beaucoup, tout le temps. C’est hyper motivant parce que la techno n'existe que depuis environ 30 ans et que de nouvelles choses sont constamment produites, on sent les influences du passé tout en gardant quelque chose que je trouve frais. C’est ce que j’adore dans la techno en ce moment.

Qu'est-ce qu'on peut attendre de Deadback cette année ?

Je ne sais pas exactement, j’espère des dates et j’espère que mon live va évoluer parce que j’essaie de toujours l'alimenter avec des nouveautés pour ne pas me lasser ni ennuyer le publique. Et j’espère une sortie un des ces jours.

Et oui, peut être avec Tracknart ? J’ai entendu que ça va devenir un label en 2015…

Ah oui ? Bah ok ! Je fais confiance à Leila parce qu’elle est très motivée et passionnée. Ce qui me motive au quotidien, c'est daller au studio et faire des tracks. Je lui fais confiance pour tous les projets futurs.

Mais si on te donnait l’opportunité, tu voudrais sortir un track sur Tracknart ? 

Bah oui oui, si c’est possible, énormément ! Avec plaisir ! C’est une bonne équipe avec un bon esprit et de bonnes idées !


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Were you born in Paris?

No, not at all, I traveled a lot within France while I was young, but I really come from Narbonne in the South, where there is sun!

And so how long have you lived in Paris?

In September it will be 3 years.

How do you see the evolution of techno scene in Paris?

When I arrived I had the impression that the scene was already in the process of evolving. Maybe it’s because I’m more interested in it now; there are a lot of collectives and parties being thrown all the time everywhere! It’s pretty cool.

Before coming here I spent eight months in Berlin and that’s really where I got into techno. I discovered it there really, it’s normal. When I came back to France I started to see that a lot more was going on here than I had thought. I was really happy to see that because I had an image of France where nothing really goes on. When you come back from Berlin where there are parties all the time, all over the city, at least a dozen clubs, its cool to see that Paris was happening as well.

Since you are French you figured it would be easier to return to your home country to start your musical career?

Yes, so I left. For a long time I was a part of a collective that we had started between friends I had met during my studies. We wanted to start a collective to host events so we waited one more year to kick it off in Paris. If you want to start something like this in France, it has to be in Paris. Therefore we came back, its in Paris where you will find the opportunities.

So you are a part of Tracknart, a Parisian collective who combines the musical and artistic sides of electronic music. What contribution do you wish to bring to this project as an artist?

Well my domain is music production. We already have very good DJs, like Abby Syna, who is great. Me, I am not at all a DJ, I started directly with production and mostly doing live sets. So basically my role is to produce, make tracks and play out live sets.

Do you DJ a bit on the side or strictly production?

I mix a bit, I think it’s a good idea to have that skill; its always a pleasure to spin some records. When I do mix, its not with vinyl, it happens around the house for fun but when I play a gig I mix with Tracktor and controllers by mixing tracks more like in a live set. That is more so the approach that interests me.

What are you using for your productions?

Mostly Abelton, but I have some hardware at the house. I have two or three synths, some stuff Kevin [16K] left at the house too. I try to experiment because it has been a long time that I have only worked on Abelton. I didn’t have much money before to buy gear so I worked solely with the software. I think it’s nicer to have some synths to work with even if it’s just to improvise and less rigid, lets say its just more natural. I started to make music with a group actually, we had machines and some synths, in a more ‘jam’ kind of spirit; you can invite some friends and its less solitary as an activity.

So do you buy vinyl as well?

Yeah, even if I’m mixing with Tracktor! Before, I bought tracks off Beatport or Juno, but now I buy vinyl and encode them into digital files. I like vinyl; its cool to have them at the house for listening, its tangible and the sound quality is way better than an mp3 file. So I encode the tracks and turn them into files, and whats even better is that they are saved. I always have a backup somewhere in case of a problem with the vinyl or even the file.

When you sit down to produce how do you feel? Do you have an idea from the start or do you just start at zero?

It depends really, now I have a lot more time to create. Sometimes it can be like a factory, you set up, and start up with out really thinking and the ideas just come to you as you start playing with the machine. You let the loops keep spinning and sometimes an idea will come to you, however I try to change my working method so I don’t fall into the same rut every time. When you work alone, you notice that you fall quickly into your own habits, like a reflex. Or after a while, you make certain edits without thinking and it can get very boring. I try to always change the way I work to keep it a bit fun. I sometimes invite friends to come join me and we work together, etc.

Do you find it easy to motivate yourself?

It depends on the day; inspiration can be random at times. There are some days where I pass 6 to 8 hours in the studio and at the end everything I’ve done goes into the trash. Other days in 2 hours I find something cool and I say to myself, I’m keeping that. But the thing is that I produce a lot, one day in the studio I’ll produce 1 or 2 tracks…

Yeah for example today you brought over 16 tracks for listening!

Yeah! And I even kept about 15 for myself! I produce a lot but its not all good material. Then sometimes I end up with too much material and if I produce everyday, in 2 or 3 months I find it no good, it’s always hard to filter through. The problem with production is that you listen in loops for hours and at a certain moment you just cant listen to it anymore!

Do you find techno inspires a certain philosophy or a different way of looking at your life?

Maybe not only techno; I think that we can rather say electronic music because it comes from, above all, an evolution of technology. Already we can make music alone, this was just not possible before. Also, clubbing is more of a way to forget about the world a bit. Or, when you listen to a track or an album, there is always something to discover, all the time, it never ends. It’s really motivating because techno only exists for about 25 years and there are new things constantly being produced and you can feel the influences of the past while keeping it fresh. That is what I love about techno at the moment.

So what can we expect from Deadback this year?

I don’t really know exactly, I hope to play some gigs and I hope for my live set to evolve. I try always to modify it with new material so neither the public nor myself get bored. I also hope for a release one of these days.

Yeah of course! Maybe with Tracknart? I heard good news of it becoming a label by 2015…

Well ok! I have confidence in Leila because she is very motivated and passionate about her work. What motivates me daily is to head into the studio and make more music. I have confidence in her for our future projects.

So, if given the opportunity you would release a track with Tracknart?

Yeah of course! If its possible, definitely, with pleasure! It’s a great team with a great spirit and great ideas! 


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